INTERPELLATION DES KIVUTIENS MEMBRES DES INSTITUTIONS
NATIONALES ET
PROVINCIALES.
(Congo
Tribune 18/06/2009)
Mesdames, Messieurs,
Frères et Sœurs du Kivu,
L’Association communautaire des populations de Masisi,
Rutshuru et Walikale
en Europe, nommée Bushenge- Occident, en collaboration avec le
Mouvement sociopolitique MSS-Kivu, Mouvement Solidaire pour la
Survie du Kivu, vous interpellent au nom des populations
congolaises abandonnées du Nord Kivu, et bientôt celles des autres
parties du Kivu.
La situation au Kivu nous préoccupe et nous fait mal. Nous nous
demandons jusqu’à quand nos mères, nos sœurs et nos
frères continueront à être violés, battus, massacrés et tués.
Aujourd’hui nous voulons lancer un appel à l’ensemble
des « Elus » du Kivu. Il est temps pour vous de jouer votre rôle,
de faire face à vos devoirs.
Cependant, il est important de procéder à un bref et rapide rappel
du contexte qui a abouti à la situation dans laquelle nous nous
trouvons aujourd’hui. En effet, après des années des
massacres, des viols, des destructions méchantes,
d’occupation frauduleuse de nos terres, il s’est tenu
dans notre pays des élections législatives et présidentielles
largement truquées en amont et en aval. Lesquelles élections ont
accouché des Institutions qui gouvernent à ce
jour.
Frères
et Sœurs,
Mesdames, Messieurs,
Lorsque l’on s’engage en politique, on doit
s’assumer. C’est-à-dire accepter les responsabilités
pour lesquelles on s’est engagé. Dans la défense de la
liberté des leurs, les leaders des temps anciens mettaient un
acharnement dont on ne voit plus d’exemple aujourd’hui.
Une défaite, si catastrophique qu’elle fût, n’était
jamais tenue pour définitive et le feu renaissait sans cesse des
cendres sous lesquelles couvaient les braises.
L’histoire du Kivu regorge des hauts faits de ses braves
filles et fils qui ont, dans le passé, lutté avec acharnement et
sacrifice, pour sa liberté, sa dignité et son intégrité.
A ce jour, devant le désastre humain, se rappelant aux promesses
électorales que bon nombre d’entre vous ont soutenues,
n’est-il pas venu enfin le temps de faire le point à deux ans
de la fin de la législature ? Cet examen de conscience portera non
seulement sur les promesses sociopolitiques, économiques, mais
aussi et surtout sécuritaires de ceux- et- celles-là qui ont mis
leur confiance en vous en vous élisant. Il s’est agi
d’un contrat de défense des intérêts du peuple
congolais.
Ce contrat, l’avez-vous rempli, chers dignitaires
!
L’histoire n’oublie jamais. Que craignez-vous de plus :
Le jugement de l’histoire ou la peur du « chef » ? Quelles
valeurs défendez-vous : L’intégrité ou la corruption ? Le
courage ou la lâcheté ? Notre population a trop souffert, victime
des promesses non tenues. Devenue étrangère sur sa propre terre,
elle déambule livrée aux exactions et caprices de tous les
criminels. Cette situation ne peut perdurer.
Si vous, « élus » du Kivu ne prenez pas vos responsabilités,
sachez-le, chers compatriotes, qu’on ne peut pas tromper un
peuple tout le temps. Un jour viendra où toute la population du
Kivu se lèvera pour prendre son destin en main et ainsi participer
à l’avènement d’un nouveau Congo. Ce jour –là
n’est plus si loin.
Quant à nous, après analyse et concertation, sur base des faits et
événements déterminants, nous concluons que le pouvoir en place
n’a pas comme priorité les intérêts et la défense des
populations congolaises en général et kivutienne en particulier.
Comme vous le savez, le combat pour la sécurité de
l’existence constitue le fondement même de l’engagement
politique.
Après avoir joui des privilèges et délices du pouvoir, il est à
présent venu l’heure de retrousser vos manches et faire ce
pour quoi vous êtes devenus dignitaires et élus du Kivu.
Aujourd’hui, le pouvoir n’ayant pas pu ramener la paix
et la sécurité, principale promesse électorale, chacun
d’entre nous est interpellé afin de faire son choix entre
l’inaction politique ou la liberté d’être et la dignité
humaine.
Comme vous le savez, il n’est jamais trop tard pour
reconnaître les mauvais choix faits. Il suffit d’en accepter
les conséquences et se remettre dans le droit chemin. Pour le cas
sous revue, lorsqu’on s’est montré suffisamment naïfs
pour accepter qu’un pays agresseur (en l’occurrence le
Rwanda) puisse mettre sur pied avec le pays agressé (la RDC) une
opération militaire commune appelée « UMOJA WETU» , même des petits
enfants peuvent se rendre compte qu’il y a un piège pour
accélérer le plan d’annexion. Depuis quand deux pays
différents et dits souverains peuvent se considérer comme UN,
surtout lorsque le rouleau compresseur de l’un fait des
ravages chez l’autre dans tous les domaines depuis 1996/1998.
Vous, nos prétendus Elus, vous êtes les seuls sans doute, à ne pas
réaliser que le Rwanda a tout simplement transposé au Kivu
l’éternel conflit Hutu-Tutsi si dévastateur pour nos
populations.
Et par conséquent FPR /RDF et INTERAHAMWE/FDLR sont deux têtes de
pont du Rwanda pour accélérer l’annexion notre région, avec
la complicité de Kinshasa. Et que le seul d’entre vous qui a
tenté de mettre les Congolais en garde a été traîné dans la boue et
lâché par ses collègues qui ne voulaient pas rater les plantureuses
enveloppes des billets verts de la corruption.
Sachez-le donc: FPR/RDF, Interahamwe et autres FDLR n’ont pas
de place au Kivu. Et si Kinshasa n’était pas poltron, ou
pire, complice, il devrait leur conseiller d’organiser UN
DIALOGUE INTERRWANDAIS que les criminels de Kigali évitent par tous
les moyens. Et ils savent pourquoi.
Nous citoyens congolais du Kivu vivant à l’étranger mettons
en garde quiconque s’évertuera à pérenniser le soutien que
vous manifestez envers un pouvoir qui a su démontrer qu’il
n’est pas notre ami. N’oublions pas, mesdames,
messieurs, qu’un frère qui tue, viole, détruit tout ce qui
vous appartient ne peut être considéré comme frère ; on
l’appelle ennemi.
Bientôt vous allez de nouveau faire des promesses mensongères
auprès des Electeurs. Mais sachez que nous serons là pour
encourager nos frères et sœurs sur place pour qu’ils ne
se laissent plus abuser. Cette fois-ci, ils seront systématiquement
informés des lâchetés et/ou des trahisons de ceux et celles
d’entre vous qui ont passé leur temps à cracher sur leurs
électeurs en se précipitant vers la mangeoire et la corruption.
Vous avez encore une dernière chance de vous racheter si vous
prenez le courage de vous élever comme un seul homme contre la
vente de notre cher Kivu et le maintien en esclavage de nos frères
et sœurs de nos villes et villages qui vous avaient fait
confiance.
Une occasion concrète se présente à vous, lorsque le 30 juin
prochain, les ennemis du Congo et fossoyeurs du Kivu, vont se
pavaner à Goma en présentant d’une main des vœux de
pseudo-anniversaire du pays, et dans la main cachée derrière le
dos, le plan d’installation des centaines des milliers
d’authentiques Rwandais sur nos terres dans lesquelles ils
sont occupés à faire le nettoyage ethnique des Autochtones. Montrez
donc que vous pouvez vous y opposer et dénoncer courageusement le
Plan d’occupation accélérée du Kivu, ayant commencé par le
Nord-Kivu, notamment par l’astuce diabolique appelé DECOUPAGE
DU NORD-KIVU, la plus petite province du Congo, pour « raisons
sociologiques !» . Montrez-leur que depuis plus de cent ans, les
Congolais sont habitués à vivre en harmonie entre tribus, et que ce
Projet de découpage de la plus petite province du Congo n’est
qu’un piège de plus pour permettre au Rwanda de mieux
l’avaler.
Si vous avez encore un peu d’honneur, rachetez-vous
!
Si vous êtes des Hommes et des Femmes de dignité, battez-vous pour
arrêter les VIOLS DE NOS SŒURS ; et pour neutraliser ces
voleurs bien connus de la solde de NOS PAUVRES MILITAIRES, pour
montrer définitivement et clairement au Rwanda la frontière commune
:
Battons nous ensemble pour un Congo fort et libre.
Fait à Bruxelles, le 15 juin 2009
MSS – KIVU
Michel MOTO MUHIMA
Secrétaire – Général
& Porte Parole
BUSHENGE – OCCIDENT
Franck MULISI KAEMBE
Président
Auteur: congotribune
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