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ARUSHA
TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL POUR LE RWANDA
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RWANDA/GACACA
Kigali, 10 mars 2010 (FH)
– Modeste Madengeri, un Tutsi de Nyakabanda (Kigali), qui
était accusé d’avoir participé au génocide perpétré en 1994
contre des personnes de son groupe ethnique, a été acquitté mardi
au terme d’un procès spectaculaire, a constaté l’agence
Hirondelle.
« C’est un procès
arrangé, basé sur de fausses accusations. Un procès de règlement de
comptes ; Madengeri est donc acquitté », a conclu le tribunal
gacaca qui jugeait le survivant.
Madengeri était accusé de
participation à la tenue d’un barrage routier auquel huit
Tutsis ont été tués, de port illégal d’une arme à feu et de
profanation de la dépouille mortelle d’un certain Jean
Damascène Gakwaya.
Il faisait face, depuis une
semaine, à sept témoins à charge, tous des gens contre lesquels il
avait témoigné dans des procès antérieurs. La juridiction gacaca a
conclu qu’ils s’étaient entendus pour inventer des
accusations contre Madengeri, en guise de vengeance.
Le même tribunal avait
acquitté vendredi dernier six autres Tutsis qui étaient également
poursuivis pour leur rôle présumé dans le génocide de 1994.
Deux d’entre eux sont
Stanislas Sibomana et son épouse Monique Mukamana, qui étaient
accusés d’avoir participé à des réunions de préparation du
génocide, notamment celle du 4 avril 1994 à l'hôtel Baobab,
derrière le stade régional de Kigali.
De très hautes personnalités
de l’époque y auraient également pris part, comme
l’ancien préfet de Kigali, le colonel Tharcisse Renzaho,
l’ex- secrétaire général du MRND, Joseph Nzirorera, et
l’ex-ministre du Commerce, Justin Mugenzi.
Renzaho a été condamné par
le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Nzirorera se
défend actuellement devant le même tribunal tandis que Mugenzi
attend son verdict. Le jury a conclu que la participation de
Sibomana et son épouse à cette réunion n’avait pas été
prouvée.
Les quatre autres rescapés
répondaient de meurtres de plusieurs tutsis à différents barrages
routiers dans la capitale.
« Il n’y a pas de
preuves de ces accusations (…) par contre, il a été prouvé
que les familles des accusés ont été décimées à ces barrages et
qu’ils ont eux-mêmes survécu par miracle », avait conclu le
tribunal, dénonçant, comme dans l’affaire Madengeri, des
règlements de comptes.
Inspirées
des anciennes assemblées lors desquelles les sages du village
tranchaient les différends, assis sur le gazon (gacaca, en langue
rwandaise), les juridictions gacacas sont chargées de juger les
auteurs présumés du génocide de 1994, à l’exception des «
planificateurs» au niveau national. Les personnes siégeant
dans ces tribunaux ne sont pas des magistrats professionnels mais
des citoyens intègres désignés au sein de leur communauté. Les
gacacas, qui ont jugé plus d’un million de personnes, selon
les autorités rwandaises, peuvent prononcer la prison à vie, la
peine la plus lourde au Rwanda.
SRE-ER/GF
© Agence
Hirondelle







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