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UN TUTSI QUI ETAIT POURSUIVI POUR GENOCIDE ACQUITTE A KIGALI  (RWANDA) posté le jeudi 11 mars 2010 09:40


FONDATION HIRONDELLE - AGENCE DE PRESSE HIRONDELLE A ARUSHA

TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL POUR LE RWANDA

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RWANDA/GACACA 
 

Kigali, 10 mars 2010 (FH) – Modeste Madengeri, un Tutsi de Nyakabanda (Kigali), qui était accusé d’avoir participé au génocide perpétré en 1994 contre des personnes de son groupe ethnique, a été acquitté mardi au terme d’un procès spectaculaire, a constaté l’agence Hirondelle.
« C’est un procès arrangé, basé sur de fausses accusations. Un procès de règlement de comptes ; Madengeri est donc acquitté », a conclu le tribunal gacaca qui jugeait le survivant.

Madengeri était accusé de participation à la tenue d’un barrage routier auquel huit Tutsis ont été tués, de port illégal d’une arme à feu et de profanation de la dépouille mortelle d’un certain Jean Damascène Gakwaya.
Il faisait face, depuis une semaine, à sept témoins à charge, tous des gens contre lesquels il avait témoigné dans des procès antérieurs. La juridiction gacaca a conclu qu’ils s’étaient entendus pour inventer des accusations contre Madengeri, en guise de vengeance.

Le même tribunal avait acquitté vendredi dernier six autres Tutsis qui étaient également poursuivis pour leur rôle présumé dans le génocide de 1994.

Deux d’entre eux sont Stanislas Sibomana et son épouse Monique Mukamana, qui étaient accusés d’avoir participé à des réunions de préparation du génocide, notamment celle du 4 avril 1994 à l'hôtel Baobab, derrière le stade régional de Kigali.

De très hautes personnalités de l’époque y auraient également pris part, comme l’ancien préfet de Kigali, le colonel Tharcisse Renzaho, l’ex- secrétaire général du MRND, Joseph Nzirorera, et l’ex-ministre du Commerce, Justin Mugenzi.

Renzaho a été condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Nzirorera se défend actuellement devant le même tribunal tandis que Mugenzi attend son verdict. Le jury a conclu que la participation de Sibomana et son épouse à cette réunion n’avait pas été prouvée.

Les quatre autres rescapés répondaient de meurtres de plusieurs tutsis à différents barrages routiers dans la capitale.

« Il n’y a pas de preuves de ces accusations (…) par contre, il a été prouvé que les familles des accusés ont été décimées à ces barrages et qu’ils ont eux-mêmes survécu par miracle », avait conclu le tribunal, dénonçant, comme dans l’affaire Madengeri, des règlements de comptes.

Inspirées des anciennes assemblées lors desquelles les sages du village tranchaient les différends, assis sur le gazon (gacaca, en langue rwandaise), les juridictions gacacas sont chargées de juger les auteurs présumés du génocide de 1994, à l’exception des « planificateurs» au niveau national.  Les personnes siégeant dans ces tribunaux ne sont pas des magistrats professionnels mais des citoyens intègres désignés au sein de leur communauté. Les gacacas, qui ont jugé plus d’un million de personnes, selon les autorités rwandaises, peuvent prononcer la prison à vie, la peine la plus lourde au Rwanda.

SRE-ER/GF
 

© Agence Hirondelle

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