Accueil Date de création : 27/11/06 Dernière mise à jour : 13/03/10 16:17 / 628 articles publiés
 

BURUNDI

Burundi : Les autorités doivent arrêter d’expulser les demandeurs d'asile rwandais (HRW)  (BURUNDI) posté le mercredi 02 décembre 2009 05:40

Les retours forcés sous la pression rwandaise constituent une violation du droit national et du droit international des réfugiés

(Bujumbura, le 2 décembre 2009) – Le gouvernement du Burundi devrait revenir immédiatement sur sa nouvelle politique qui consiste à expulser des demandeurs d'asile rwandais sans examiner leur cas, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Le 27 novembre 2009, le ministre de l'Intérieur Edouard Nduwimana a ordonné à la police de renvoyer 103 demandeurs d'asile au Rwanda, en violation du droit international.

Cette décision du Burundi a été prise quelques jours après qu'une délégation officielle rwandaise eut demandé au gouvernement burundais de renvoyer les Rwandais arrivés tout récemment vers leur pays d’origine, a rapporté l’Agence burundaise de presse. Les autorités ont affirmé vouloir préserver l'image du Rwanda à l’étranger, à savoir celui d’un pays pacifique qui n’incite pas ses citoyens à se réfugier ailleurs. Plusieurs responsables burundais, qui ont requis l’anonymat par crainte de représailles, ont déclaré à Human Rights Watch que le Rwanda jouait un rôle important dans ces renvois.

« Les demandeurs d'asile ont le droit à une évaluation objective de leur cas afin de déterminer s’ils risquent ou non d’être persécutés à leur retour dans leur pays d’origine », a observé Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique au sein de Human Rights Watch. « Le droit national tout comme le droit international garantissent ces procédures d’évaluation. Le Rwanda et le Burundi ne devraient pas s'ingérer dans ces processus ».
Les 103 demandeurs d’asile expulsés faisaient partie d’un groupe de plusieurs centaines de Rwandais qui ont fui vers les provinces du nord du Burundi de Kirundo et Ngozi, la plupart entre juillet et septembre. Human Rights Watch s'est entretenu avec plusieurs d’entre eux dans la province de Kirundo en octobre. Ils semblaient avoir des craintes fondées d'être persécutés s’ils devaient retourner au Rwanda ; ils redoutaient notamment d’être illégalement jugés deux fois pour le même crime par les tribunaux communautaires rwandais (gacaca) et de faire l’objet de « disparitions ». Certains ont signalé que des habitants de leurs villages, dans la province du sud du Rwanda, avaient été enlevés chez eux la nuit par des inconnus ou des éléments des forces de défense locales.

Bien que soixante familles (environ 115 personnes) qui tentaient de fuir la violence et la répression au Rwanda aient réussi à demander l'asile à la fin octobre, d'autres qui redoutaient peut-être une expulsion immédiate ne se sont pas présentées pour déposer leurs demandes avant la date du 10 novembre.

Le 17 novembre, le ministre de l’Intérieur Edouard Nduwimana a affirmé à Human Rights Watch que les demandes de ces derniers avaient été déposées « trop tard » et que ces Rwandais seraient expulsés, avant d’ajouter qu’aucun nouveau cas ne serait entendu et d’avertir : « Nous les considérons désormais comme des irréguliers. Nous leur avons accordé suffisamment de temps pour se manifester et c’était à eux de prendre leurs responsabilités. » M. Nduwimana a signé un communiqué confirmant sa décision, le 23 novembre, quatre jours avant l’expulsion des Rwandais.

Le droit international sur les réfugiés permet à des demandeurs d’asile de faire valoir leurs demandes même si elles ne sont pas présentées dans les délais fixés par le pays hôte. Le droit international des réfugiés et les droits humains interdisent le refoulement, le renvoi de personnes vers un pays où elles risquent d’être persécutées, de subir des traitements inhumains ou dégradants ou d’autres graves atteintes aux droits humains.

Le Burundi est un État partie à la Convention des réfugiés de 1951, qui interdit aux États d'expulser ou de refouler des réfugiés vers des lieux où leur vie et leur liberté seraient menacées à cause de leur race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social particulier ou opinion politique. La loi burundaise sur les réfugiés (Loi n°1/32 du 13 novembre 2008 sur l’Asile et la Protection des réfugiés au Burundi, articles 19 et 20) assure cette même protection.

La Convention de l'Union africaine relative aux aspects spécifiques du problème des réfugiés en Afrique à laquelle le Burundi est aussi un État partie interdit non seulement le refoulement, mais exhortent les États parties à accueillir les réfugiés et à assurer leur installation. Elle stipule qu' « [accorder] le droit d'asile aux réfugiés est un acte pacifique et humanitaire et ne doit pas être considéré comme un acte hostile par aucun État membre ».

Un journaliste de la Radio Publique Africaine témoin des expulsions dans la province de Kirundo le 27 novembre a raconté qu’un grand nombre de policiers et de soldats ont encerclé la zone où se trouvaient quelque 136 demandeurs d'asile rwandais depuis trois semaines. Le gouverneur de Kirundo a ensuite lu à haute voix les propos du ministre de l'Intérieur du 23 novembre en déclarant qu’aucun Rwandais de ce groupe ne serait autorisé à déposer une demande d’asile ; il a ensuite ordonné à la police de les embarquer de force dans des camions. Trente-trois d’entre eux ont réussi à s’enfuir.

Le journaliste a raconté que lorsque les 103 autres réfugiés ont refusé de monter dans les camions, la police a frappé plusieurs d'entre eux avec des matraques, puis les a embarqués de force. Ils ont été conduits à la frontière du Rwanda et remis à quatre représentants des autorités de la province du sud du Rwanda. Un responsable de la police a déclaré à Human Rights Watch qu’au moins trois des demandeurs d’asile expulsés étaient des enfants non accompagnés dont les parents sont restés à Kirundo.

Une semaine auparavant, les 19 et 20 novembre, une délégation du gouvernement rwandais s'était rendue au Burundi pour exhorter les autorités à renvoyer chez eux tous les Rwandais qui avaient récemment traversé la frontière vers les provinces du nord du Burundi. Selon l’Agence burundaise de presse, le gouverneur de la province du sud du Rwanda a affirmé que la présence d’« irréguliers  » au Burundi a causé du tort à l’image du Rwanda et qu'ils devraient être renvoyés chez eux.

Le 21 novembre, Human Rights Watch a adressé une correspondance au ministre Nduwimana pour lui rappeler en même temps qu’aux autres autorités burundaises que le droit international et le droit burundais interdisent le refoulement. Cette interdiction concerne tous les demandeurs d’asile, y compris ceux qui n’ont pas déposé leurs demandes dans les délais fixés par la législation nationale.

Un responsable de l’agence de réfugiés du Burundi, l’Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA) a raconté à Human Rights Watch que cette décision visait à prévenir toute nouvelle affluence de « masses paysannes » du Rwanda.

« Le Burundi a l’obligation morale et légale d’accueillir les Rwandais qui craignent pour leur vie » a rappelé Mme Gagnon. « En violation de la loi et pour des questions purement politiques, il lance maintenant le message selon lequel les Rwandais qui souhaitent fuir leur pays ne sont pas les bienvenus au Burundi. »

Contexte

Entre juillet et septembre, des centaines de Rwandais, pour la plupart originaires de la province du sud du Rwanda sont arrivés dans les provinces burundaises de Kirundo et Ngozi.

Le 8 octobre, le ministre de l'Intérieur Edouard Nduwimana a déclaré que tous les Rwandais récemment arrivés, entre 300 et 400 personnes selon les estimations, devraient être « rapidement expulsés » du pays. Le gouvernement du Burundi a forcé un nombre indéterminé de demandeurs d'asile rwandais à retourner chez eux le 12 octobre 2009 en leur donnant de fausses informations selon lesquelles leur demande avait été refusée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Suite aux demandes de renseignements adressées par Human Rights Watch et d'autres organisations dont le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (qui finance l’agence burundaise des réfugiés et qui a contribué à la rédaction de la loi burundaise sur les réfugiés), les autorités burundaises ont accepté de suspendre les expulsions et d’examiner les demandes au cas par cas, comme l’exige la loi burundaise. À la fin octobre, soixante familles ont présenté des demandes d'asile et été ensuite interrogées par l'agence nationale de réfugiés.

Ces soixante demandes ont été refusées par une commission gouvernementale nouvellement créée qui travaille aux côtés de l'agence pour les réfugiés. M. Nduwimana a proposé dans un premier temps de révoquer le droit des familles de faire appel avant de revenir par la suite sur sa décision. Trente-six sur les soixante ont interjeté appel et sont restés dans le pays en attendant l’évaluation de leurs dossiers d’appels et la résolution de leur cas.

Pendant ce temps, l’Agence burundaise de presse a signalé les cas d’au moins soixante-dix autres demandeurs d'asile rwandais qui vivaient cachés dans des foyers des communes de Vumbi, Ntega et Marangara depuis plusieurs mois et qui ont tenté de demander l'asile dans la commune de Kirundo le 10 novembre. Beaucoup d’entre eux ne s’étaient pas présentés au début, de peur d’être immédiatement expulsés.

Au lieu d’enregistrer leurs demandes, la police qui, de par la loi, est censée agir à titre de « premier point de contact » pour les demandeurs d'asile et les transférer à l’agence de réfugiés, a d’abord essayé de les expulser avant de quitter les lieux face au refus opposé par les demandeurs d’asile. La semaine suivante, les responsables de l'agence des réfugiés ont remis aux Rwandais des formulaires à remplir pour recueillir des renseignements de base, mais n’a pas procédé à des entretiens individuels, comme l’exige le droit des réfugiés du Burundi. Ces personnes figuraient parmi les 103 demandeurs d’asile illégalement expulsés le 27 novembre.

Pour consulter le communiqué de presse publié le 16 octobre 2009 par Human Rights Watch et l’appel lancé au gouvernement du Burundi pour l’exhorter à cesser les expulsions forcées des demandeurs d'asile rwandais vers le Rwanda, rendez-vous sur :

http://www.hrw.org/fr/news/2009/10/16/burundi-les-autorit-s-doivent-examiner-les-demandes-dasile-des-rwandais

Pour en savoir plus sur le travail de Human Rights Watch au Burundi, rendez-vous sur :

http://www.hrw.org/fr/africa/burundi

Pour plus d'information, veuillez contacter :

À New York, Georgette Gagnon (anglais) : + 1-212-216-1223 ou + 1-917-535-0375 (portable)

À Washington, Jonathan Elliott (français, anglais): + 1-202-612-4348 ou + 1-917-379-0713 (portable)

A Genève, Gerry Simpson (français, anglais): + 41-22-738-0483 ou + 41-79-219-9568 (portable)

lien permanent

Burundi : Les rebelles retournent à la vie civile  (BURUNDI) posté le vendredi 26 juin 2009 03:06

(Burundi Réalités 22/06/2009)

Camp de rassemblement de Rubira, Burundi - Après huit ans en tant que soldat d'infanterie dans l’un des conflits ethniques les plus sanglants d'Afrique, l’ancien rebelle Christophe Manana est envoyés à la maison avec $40, deux pantalons, et une radio transistor de prix modique. Dans un mois, il recevra encore $40. Alors il sera laissé à son sort.  

" Comment est-ce que je suis censé commencer une nouvelle vie avec ceci ? ", a demandé M Manana après avoir reçu une nouvelle carte d'identité burundaise et abordant un camion en partance pour bondissent pour son ancienne maison. "Après tout ce que j’ai vécu, comment peuvent-ils me donner si peu?".

Pour le Burundi, un pays minuscule de 8 millions de personnes coincé entre la Tanzanie et la R D Congo, ceci est un moment d'espoir. En avril, Manana et milliers d'autres combattants des forces pour la libération nationale (FNL), la dernière armée rebelle du pays, ont déposé leurs armes. C'était l'Acte final dans guerre civile de 16 ans du Burundi qui a emporté environ 300.000 vies et a déplacé plus d’un million de personnes.

"La lutte continue", a dit Severin Ndabarushimana, un vétéran commandement du FNL. "Seulement maintenant, c'est une lutte politique et pas une lutte armée.

Des 21.100 combattants avoués par les FNL, 3.500 combattants sont intégrés dans la force d'armée et de police. Et 5.000 passeront par un processus plus prolongé de démobilisation, y compris une semaine de leçons sur des sujets s’étendant des opérations bancaires personnelles au SIDA, et un paiement total environ de $500. Manana fait partie d'un groupe de 11.000 membres qui sont envoyés à la maison avec $80 et un sens profond de grief. Non habitués à la vie civile, ils pourraient former un baril de poudre de mécontentement.

Un chemin différent de celui du Rwanda

Le Burundi est le jumeau oublié de son voisin, Rwanda. Les pays partagent le même mélange ethnique : d'environ 85 pour cent de Hutu et 15 pour cent de Tutsi. Depuis l'indépendance en 1962, ils se sont développés comme images de miroir l'un de l'autre. Tandis que la majorité Hutu saisissait le pouvoir au Rwanda, l'armée dominée par les Tutsi a saisi la commande au Burundi.

Pendant des décennies de dictature et de ségrégation ethnique, l'armée a réagi avec une férocité génocidaire aux tentatives hutus d’accéder au pouvoir. Après une révolte échouée en 1972, 200.000 Hutus ont été systématiquement assassinés et 300.000 ont été forcés de fuir le pays.

En 1993, il y avait une brève lueur vacillante d'espoir avec les élections démocratiques du premier président hutu du Burundi, Melchior Ndadaye. Mais endéans six mois, M. Ndadaye a été tué dans un coup d’état. Avant que le Rwanda ait éclaté dans le génocide en avril 1994, le Burundi s'était déjà engagé dans les spirales de la guerre civile.

Maintenant, les deux pays ont choisi les chemins divergents pour traiter leurs questions ethniques. Tandis que le Rwanda a opté pour une politique d'amnésie ethnique, interdisant l'utilisation des termes "Hutu" et "Tutsi", le Burundi a institutionnalisé les distinctions ethniques. L'armée, une fois le bastion de la dominance tutsie, est mélangée à 50-50. Le gouvernement est fait de 60 pour cent de Hutu et 40 pour cent de Tutsi.

Cette politique de d’ouverture ethnique signifie que les tensions entre les communautés se sont abaissées, indique Joseph Ndayizeye, vice-président du groupe local de droits de l'homme Iteka. Mais si des différences ethniques peuvent être mises sur le banc arrière pour l'instant, d'autres problèmes sont moins soluble.

Classé parmi les pays les plus pauvres dans le monde, avec les revenus annuels moyens d’environ $100, le Burundi est encore inondé par plus de 300.000 armes à feu illégales.

En dehors de la capitale, Bujumbura, les routes se ferment a la tombée de la nuit. À travers le pays, le banditisme et la violence est effréné. Le taux de meurtres en 2008 était presque deux fois la moyenne internationale, selon l'enquête annuelle d'armes de petit calibre faite par l'Institut Postuniversitaire d’Etudes Internationales à Genève.

" Maintenant la guerre est finie et la paix est venue, mais c'est la période dangereuse", dit M. Ndayizeye". ”C'est le moment où les travaux réels doivent commencer".

Les réfugiés de retour pourraient poser des problèmes

La complication de ces questions est un afflux important des réfugiés : centaines de milliers de Burundais qui ont cherché refuge en Tanzanie voisine pendant la guerre de 1993 et les dizaines de milliers de plus qui avait fui en 1972. Les maisons qu'ils ont quittées dans la hâte ont été prises il y a bien longtemps par des compatriotes.

Presque 400.000 Burundais ont été rapatriés de Tanzanie depuis 2002. La Tanzanie prévoit d'envoyer les 40.000 Burundais restants à la maison pour le 1er juillet - par la force, au besoin.

" [Les autorités de Tanzanie et des Nations Unies] disent: ” Vous êtes tous des Burundais, et le Burundi est paisible maintenant „, dit Jean-Paul Rukundo, qui a fuit le Burundi avec son épouse et enfants il y a plus d’une décennie, " mais pourquoi ne voulez-vous pas retourner ? „ Il faut qu’ils se rendent compte que chacun a différents problèmes. Certains ont des membres de la famille en prison ; d'autres, le gouvernement ont vendu leur terre sans les consulter."

Dans un pays du monde où la population rurale a triplé depuis l'indépendance, terre est déjà rare. Maintenant le système de justice est inondé par des conflits amers de terre qui pourraient mettre allumer le mécontentement général.

Par Le Christian Science Monitor

Traduit de l’Anglais par Burundi Réalité

14 juin 2009

© Copyright Burundi Réalités

 

lien permanent

Burundi : Une décision de la Cour constitutionnelle destitue 22 députés  (BURUNDI) posté le mercredi 18 juin 2008 19:18

Un communiqué de Human Rights Watch

Des avocats et des représentants de la société civile invoquent un abus et une manipulation politique de la part du parti au pouvoir

(Bujumbura, le 17 juin 2008) – La radiation de 22 membres de l’Assemblée nationale, à la suite d’une décision de la Cour constitutionnelle selon laquelle ils ne pouvaient pas siéger en tant qu’ « indépendants », soulève de sérieuses préoccupations à l’égard d’une politique de « deux poids deux mesures », sachant que d’autres députés indépendants qui soutiennent le gouvernement restent au Parlement, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Les députés visés par cette mesure ont été élus en tant que membres du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), mais l’ont quitté ou en ont été exclus à la suite de divisions internes.

« Le CNDD-FDD tente une manœuvre pour stopper l’érosion de son pouvoir au Parlement », a déclaré Alison Des Forges, conseillère principale pour la division Afrique de Human Rights Watch. « L’aval donné par la Cour à cette manœuvre crée un précédent dangereux pour la vie politique dans l’avenir, en soulevant des craintes parmi les Burundais que les droits politiques fondamentaux puissent être arbitrairement supprimés. »

Le CNDD-FDD, ancien mouvement rebelle devenu parti politique en 2003, a remporté aisément les élections en 2005. En accord avec un système de représentation proportionnelle établi par la constitution et la loi électorale, le CNDD-FDD a remporté la majorité des sièges à l’Assemblée nationale. Des luttes intestines ont divisé le parti en 2007 et bon nombre de membres de l’Assemblée ont quitté ses rangs. De plus, l’ancienne Première Vice-présidente de l’Assemblée nationale, Alice Nzomukunda, a été exclue du parti en 2008.

Avec la défection de 22 membres, le CNDD-FDD ne pouvait plus contrôler l’Assemblée nationale, laissant cette institution si paralysée qu’elle n’a pas adopté

une seule loi au cours de la dernière session trimestrielle. A la requête du dirigeant du CNDD-FDD  Jérémie Ngendakumana, le Président de l’Assemblée nationale, Pie Ntavyohanyuma, lui aussi membre du CNDD-FDD, a demandé à la Cour constitutionnelle, dans une lettre du 30 mai, de déterminer si des personnes ayant quitté le CNDD-FDD pouvaient continuer à siéger comme parlementaires à l’Assemblée nationale.

Après moins de deux jours de délibérations – avec une rapidité sans précédent, d’après des magistrats burundais – la Cour constitutionnelle a jugé le 6 juin que les anciens membres du parti occupaient leurs sièges en violation de la constitution. La Cour a appuyé sa décision en grande partie sur son interprétation de l’article 169 de la constitution, qui stipule que des candidats « ne peuvent être considérés comme élus et siéger à l’Assemblée nationale » si leur parti n’a pas obtenu au moins 2 pour cent du vote populaire. Les « indépendants » n’ayant pas recueilli plus de 2 pour cent des voix en 2005, les députés non-alignés tels que les 22 anciens membres du CNDD-FDD ne pouvaient pas rester à l’Assemblée.

Les 22 députés n’étaient pas les premiers à quitter leurs partis, mais ils ont été les premiers à être expulsés du Parlement en conséquence. En mars 2008, quand le parti d’opposition le Front pour la Démocratie au Burundi (Frodebu) a exclu plusieurs de ses membres qui étaient étroitement alignés avec le CNDD-FDD, ceux-ci ont été autorisés à conserver leurs sièges parlementaires. La législation électorale et constitutionnelle stipule que les députés peuvent perdre leurs sièges pour cause de décès, de démission, d’incapacité permanente, d’absences injustifiées, ou d’une peine de prison supérieure à 12 mois, mais il n’y a pas de disposition explicite pour exclusion à la suite de changements d’appartenance à un parti politique. Quand la constitution a été rédigée, ses auteurs ont envisagé mais rejeté une disposition qui aurait évincé les membres de l’Assemblée ayant changé d’affiliation à un parti. Beaucoup de juristes burundais interprètent l’article 169 comme étant applicable seulement pendant une élection.

Quand les députés ont été exclus du Frodebu, le Président de l’Assemblée Ntavyohanyuma n’a pas déposé de requête auprès de la Cour pour qu’elle examine leur statut. Il ne les a pas non plus mentionnés dans sa lettre du 30 mai, alors que la logique de la lettre aurait suggéré qu’ils avaient occupé leurs sièges inconstitutionnellement pendant des mois. A la suite de la décision de la Cour, le président du Frodebu a demandé le 9 juin au président de l’Assemblée de soumettre la question à la Cour, au 16 juin, Ntavyohanyuma n’avait toujours pas répondu à sa requête.

Des juristes burundais, des membres des partis d’opposition, des représentants de la société civile, des personnalités religieuses, et le Bashingantahe (un conseil d’anciens respectés), ont critiqué la décision de la Cour comme étant une interprétation délibérée et politiquement influencée de la constitution qui pourrait entraîner de futures violations des droits. L’un des députés exclus a déclaré à Human Rights Watch : « Vous perdez tout, vous perdez tout le pays si vous commencez à violer la constitution. » Des critiques ont suggéré que la partialité flagrante du Président de l’Assemblée nationale, Ntavyohanyuma, appelant à l’exclusion de députés renégats faisait partie d’une stratégie du CNDD-FDD pour s’accrocher au pouvoir afin d’être bien placé pour les élections prévues en 2010.

Plusieurs avocats et défenseurs des droits humains du Burundi se sont interrogés sur les raisons du silence de la communauté diplomatique à propos de cette décision. Un avocat a affirmé à Human Rights Watch : « Tout le monde a peur de 2010. Si le CNDD-FDD voit qu’il peut violer la constitution et que les diplomates gardent le silence, ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent pour rester au pouvoir. Nous craignons une répétition de ce qui s’est passé au Kenya ou au Zimbabwe. »

La décision de la Cour susceptible d’appel, mais dans un cas similaire antérieur, le président de l’Assemblée nationale a réintégré les députés exclus.

« Le CNDD-FDD devrait reconsidérer cette tentative d’élimination de ses concurrents », a dit Des Forges. « Les dirigeants du parti devraient encourager le président de l’Assemblée à faire preuve de son autorité pour réinstaller les dissidents au Parlement et pour commencer à s’occuper des problèmes urgents du peuple burundais. »

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
A Kigali, Alison Des Forges (anglais, français) : +250-0850-2870

A Londres, Sarah Jackson (anglais, français) : +44-20-7713-2781

 

lien permanent

Bujumbura : des signes évidents de la renaissance  (BURUNDI) posté le jeudi 10 mai 2007 19:00

Grands Lacs africaines - Bujumbura : des signes évidents de la renaissance
(Le Potentiel 10/05/2007)


Septembre 2004, nous nous trouvions à Bujumbura dans le cadre de la première réunion préparatoire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Mai 2007, nous sommes à nouveau dans la capitale burundaise, toujours dans le cadre de cette même conférence internationales. Cette fois avec l’installation officielle du Secrétariat exécutif de cette initiative porteuse d’espoirs pour les pays des Grands Lacs. Constat : quelque chose est en train de changer au Burundi. Bujumbura bouge. Cette capitale est devenue « trop fréquentable ».
La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs est en train d’apporter une nouvelle impulsion dans la région. Bujumbura constitue un exemple frappant. En effet, il y a de cela trois ans que nous nous trouvions dans cette ville de la République du Burundi, dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Le pays se préparait à organiser des élections démocratiques et mettre fin à une période de transition précédée de plusieurs années de guerre civile qui a fait de nombreux morts.
Mais en ce mois de septembre 2004, l’atmosphère était encore lourde avec des attaques sporadiques entre l’armée régulière et les forces armées rebelles, FDD-CDD et les FLN. Bien plus, au mois d’août 2004, il y a eu les massacres de Gatumba que tous les pays ont condamnés. Tous ces faits réunis avaient obligé le pouvoir en place à prendre des mesures exceptionnelles. D’où le couvre-feu à Bujumbura à partir de 23 heures jusqu’à cinq heures du matin. Les gens étaient anxieux. Ceux qui débarquaient à Bujumbura devraient choisir des «lieux sûrs». L’ Hôtel Novotel présentait toutes les garanties de sécurité. Entre-temps, l’on ne cessait de prodiguer des conseils pour éviter de s’aventurer n’ importe où.

LA RENAISSANCE

Cependant, depuis que les élections crédibles ont été organisées au Burundi, les premiers signes de changement sont perceptibles. Le pays est en train de renaître et les autorités en place s’emploient à effacer certains mauvais souvenirs.
En fait, en rentrant trois ans après à Bujumbura, nous avons été frappés par ce climat de détente, ce regain de vitalité, cet engouement de la population. « La sécurité est assurée. Vous pouvez vous promener dans tout Bujumbura sans être inquiété. Il n y a surtout plus de tracasseries policières », me dit gentiment un gérant d’hôtel. Effectivement, Bujumbura est en train de revivre.
Et lorsque l’on se rend au Marché central, ce lieu de négoces est toujours bondé de monde et les marchandises abondent. « Il y a désormais un trafic intense entre Goma et Bujumbura. C’est ce qu’il fallait, en plus des marchandises qui viennent de Dubaî », nous lance notre guide à qui nous avons demandé de nous faire promener dans Bujumbura.
Il est un fait qu’à Bujumbura, le problème de déplacement ne se pose pas. Outre les taxi-bus, vous avez l’embarras de choix des taxis que vous pouvez héler à tout moment. Ces moyens de transport sont reconnaissables par cette couleur « bleu - blanc »

Autre signe de renaissance: les routes et les bâtiments. A côté de l’Hôtel Novotel, l’Hôtel Source du Nil s’élève majestueusement.
Les travaux de restauration ont pris fin. Mais il y a également l’Hôtel Le Doyen, en pleine réhabilitation. Mais le bijou n’est rien d’autre que Hôtel Club Tanganyika, sur la route qui mène à Gatumba, juste en face de Uvira, au bord du Lac Tanganyika.
Un vrai bijou, disions-nous, qui offre un attrait irrésistible. Et tout au long de cette route, comme dans plusieurs quartiers de Bujumbura, des maisons, des villas, des immeubles poussent comme des champignons.
Cependant, ce qui frappe, c’est que Bujumbura est devenu quasiment la capitale de l’ Afrique des Grands Lacs. Il ne se passe plus une semaine sans que l’on organise des rencontres régionales et internationales. Tenez. Au même moment où s’ouvrait la réunion extraordinaire du Comité interministériel régional de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, des experts du FMI et de la Banque mondiale débarquaient à Bujumbura.
Du 24 au 25 mai, Bujumbura accueillira la réunion des bailleurs de fonds. Dans les coulisses, il nous revient que les partenaires extérieurs ont promis d’accompagner « concrètement » le processus de renaissance du Burundi. Une marque de confiance pour souligner que Bujumbura est désormais fréquentable.

DES PROBLEMES POLITIQUES

Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’existe pas de problèmes politiques au Burundi. Tenez : une semaine avant l’ouverture de cette conférence sur les Grands Lacs, l’ancien vice-président Rajaabu venait d’être arrêté. Il lui est reproché des menées subversives.
Auparavant, il y avait un procès contre l’ancien président de la République, Ndayiziye, libéré depuis longtemps. Tout comme la deuxième vice-présidente de la République qui avait démissionné. Il nous revient qu’elle est maintenant au Parlement, au bureau de l’Assemblée nationale.
A en croire un observateur de la politique burundaise, le président Pierre Nkurunziza multiplie des signes d’ouverture politique pour que les Burundais, ensemble, à l’image de ces travaux communautaires exécutés chaque samedi, rebâtissent leur pays.
Ce qui explique cet appel à l’endroit des FLN de respecter leurs engagements, pour ne plus mettre en péril la sécurité du Burundi et des Burundais. Surtout que des signaux forts de la renaissance sont perceptibles.

Par Freddy Monsa Iyaka Duku

 

© Copyright Le Potentiel

lien permanent

Hussein Radjabou arrêté  (BURUNDI) posté le jeudi 10 mai 2007 18:57

Hussein Radjabou arrêté
(BBC Afrique 07/05/2007)


L'ancien président du parti au pouvoir au Burundi a été arrêté vendredi en début d'après-midi. Hussein Radjabu a été conduit à la prison centrale de Bujumbura. Une enquête judiciaire a été ouverte par le procureur de la République.
Hussein Radjabu a été interpellé juste après la levée de son immunité par l'Assemblée Nationale. Il est accusé d'avoir menacé l'ordre public mais à maintes reprises, il a protesté de son innocence.

Hussein Radjabou a été arrêté, après avoir été écouté par le procureur général de la République.

Accusé par la justice d'avoir voulu lancer une rébellion et distribué des armes à d'anciens soldats démobilisés, il avait refusé jeudi de se présenter à l'Assemblée nationale.

Immunité

La représentation nationale burundaise entendait lui signifier la levée de son immunité.

Un mandat d'arrêt et de perquisition a été amené au domicile d'Hussein Radjabou par la police, qui y a effectué plus de deux heures de perquisition. Des ordinateurs et divers documents ont été saisis.

"Problèmes internes"

Hussein Radjabou explique son arrestation par des problèmes internes au parti CNDD-FDD.

Le Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), au pouvoir depuis les élections générales de 2005 qui ont mis fin à une longue transition politique au Burundi, traverse une grave crise depuis janvier.

La crise a débouché sur l'éviction de la tête du parti de Hussein Radjabu le 7 février. Ce dernier conteste son éviction.

Le 6 avril, le président burundais Pierre Nkurunziza avait appelé les services de sécurité à arrêter "les gens qui veulent semer la zizanie" dans le pays, en référence aux partisans de Hussein Radjabu.

L'ancien patron du parti au pouvoir avait été destitué lors du congrès de Ngozi, en février dernier, pour son immixtion dans le fonctionnement du gouvernement.

Christophe Nkurunziza
BBC Afrique, Bujumbura

 

© Copyright BBC Afrique

lien permanent



 

fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à ndagijimana

Vous devez être connecté pour ajouter ndagijimana à vos amis

 
Créer un blog