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PROCES NTUYAHAGA

Procès Ntuyahaga : Les corps des casques bleus abandonnés  (PROCES NTUYAHAGA) posté le mercredi 13 juin 2007 13:03

mardi 12 juin 2007, 14:38

Les corps des dix casques bleus, tués à Kigali le 7 avril 1994, n'ont pu être récupérés que le lendemain à la morgue de l'hôpital de Kigali, a expliqué devant la cour d'assises Stéphane Watelet, le militaire qui a conduit le camion.

Stéphane Watelet a accompagné les colonels Dewez et Marchal ainsi que le détachement judiciaire qui est allé rechercher les corps. Ils se sont tout d'abord rendus au camp Kigali où les dix casques bleus ont été massacrés après avoir été désarmés.

Le colonel Dewez était irrité car on ne voulait pas les laisser entrer dans le camp militaire, a expliqué le témoin. Les corps avaient été déplacés à l'extérieur de la morgue près de l'hôpital de Kigali.

Les corps étaient allongés sur le sol, recouverts d'une couverture.

Elle a été relevée au niveau de la tête afin que deux soldats du peloton mortier puissent les identifier, a expliqué le témoin. Les dix paras étaient en slip. Ils ne portaient plus aucune alliance, montre ou bijoux, a-t-il précisé.

Leurs tenues militaires, qui étaient déchirées à la suite des coups de machettes, étaient maculées de sang. Leur poches étaient vides. Les tenues ont été brûlées sur place, a dit le témoin, appelé à témoigner au procès de l'ex-major rwandais Bernard Ntuyahaga.

Des photos des blessures ont été réalisées par le détachement judiciaire. "Pour les premiers, cela s'est fait en détail. Pour les autres, cela a été plus rapide", a expliqué M. Watelet. Les gendarmes rwandais qui accompagnaient les militaires belges étaient en effet pressés car la nuit tombait et qu'ils ne voulaient pas être vus avec un camion ONU, a-t-il précisé.

Six autres militaires ont été entendus. Ils ont notamment expliqué ce qu'ils avaient entendu sur le réseau radio du bataillon quand les dix casques bleus étaient en difficulté. Deux d'entre eux ont souligné avoir entendu que le lieutenant Lotin, qui dirigeait les casques bleus, parlait d'un officier rwandais qui leur demandait de rendre les armes. Ils n'ont cependant pas entendu parler de grade.

(D'après Belga)

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Le génocide rwandais aurait pu être freiné, dit Guy Verhofstadt  (PROCES NTUYAHAGA) posté le jeudi 07 juin 2007 12:17

BRUXELLES (Reuters) - Le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, a estimé que le maintien du contingent des casques bleus belges au Rwanda aurait pu sauver des centaines de milliers de vies humaines lors du génocide de 1994. Mais son prédécesseur Jean-Luc Dehaene, qui était aux affaires à l'époque, l'a contredit devant la Cour d'assises de Bruxelles, où est jugé l'un des accusés du meurtre de dix soldats belges, affirmant que l'Onu était responsable.Ces deux ténors de la vie politique belge ont comparu en qualité de témoins lors du procès du major rwandais Bernard Ntuyahaga, qui est également accusé devant la justice du royaume du meurtre d'Agathe Uwilingiyimana, le Premier ministre du Rwanda que les casques bleus étaient censés protéger.

Après leur mort le 7 avril 1994, la Belgique a rapatrié son contingent, laissant libre cours aux extrémistes Hutus qui ont provoqué la mort de 800.000 personnes, pour la plupart des Tutsis, dans ce qui a été ensuite qualifié de génocide."Je pense que si les troupes belges étaient restées, on aurait pu sauver quelques centaines de milliers de gens", a estimé Verhofstadt, qui a présidé une commission d'enquête parlementaire sur ce dossier avant de devenir Premier ministre."Cela a été une erreur de retirer les troupes. Il y avait beaucoup de soldats belges qui ne voulaient pas laisser tomber ces gens-là", a-t-il ajouté devant la Cour d'assises.

La politique fait "peur", selon Verhofstadt

C'était d'autant plus vrai, a-t-il dit, que toutes les informations tendant à prouver qu'un génocide se préparait après la destruction en vol de l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, un Hutu, étaient disponibles à l'époque, même si elles n'ont pas été exploitées par le gouvernement.
Verhofstadt a présenté les excuses de la Belgique au Rwanda lors d'une visite officielle chargée d'émotion à Kigali.Pour Jean-Luc Dehaene, en revanche, la Belgique est "un petit pays qui a fait de son mieux" et le retrait s'imposait après que l'Onu eut refusé de muscler le mandat de la Minuar.
"Les Nations unies ne nous ont pas donné de mandat", a-t-il expliqué en jugeant l'institution internationale responsable. Sa version des faits a été étayée par son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Willy Claes.

Faux, a répliqué Verhofstadt: c'est selon lui la Belgique qui a fait pression sur les Nations Unies pour qu'on retire tout le contingent des Nations Unies, dont les troupes belges.
Mais l'actuel Premier ministre a reconnu qu'il aurait pris la même décision que celle prise par le gouvernement belge de l'époque, l'opinion publique belge souhaitant le rapatriement des troupes après la mort des dix casques bleus. "Je ne pense pas que j'aurais pris une autre décision", a-t-il dit en ajoutant que la politique faisait "peur", précisément parce qu'elle faisait commettre de telles erreurs.

La Belgique est parvenue à faire arrêter et à juger Ntuyahaga après que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) eut renoncé à poursuivre le major en 1999. Le procès devrait durer au moins jusqu'en juin et Ntuyahaga se déclare innocent des charges qui pèsent contre lui.

En 2001, deux religieuses, un professeur d'université et un homme d'affaires rwandais avaient été condamnés à des peines de 12 à 20 ans de prison pour leur participation au génocide en vertu de la loi de "compétence universelle" qui donne aux juges belges le droit de poursuivre les auteurs de ces crimes.

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Procès du major Ntuyahaga: Des précisions sur l'arrestation des dix paras belges  (PROCES NTUYAHAGA) posté le jeudi 31 mai 2007 06:00

(La Libre Belgique 25/05/2007)

Elles ont été fournies par des gendarmes rwandais. Souvenir flou sur Ntuyahaga.
D'anciens gendarmes rwandais ont raconté jeudi, devant la cour d'assises de Bruxelles-Capitale, que des militaires rwandais avaient attaqué la résidence de la Première ministre, le matin du 7 avril 1994 à Kigali, et avaient ordonné aux casques bleus belges présents de déposer leurs armes. Dans la nuit du 6 au 7 avril déjà, après l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, un blindé et une mitrailleuse ont été installés à un carrefour proche de la résidence de la Première ministre, Agathe Uwilingiyimana. "Les armes étaient pointées vers la résidence d'Agathe", a déclaré un des gendarmes affectés à sa garde, dans une déclaration lue à l'audience. A l'aube du 7 avril, dix militaires belges se sont présentés à la résidence de la Première ministre sous le crépitement de tirs nourris, mais cette dernière a refusé de se rendre à Radio Rwanda, où elle était attendue pour appeler la population au calme, a expliqué un autre gendarme. Les paras se sont alors déployés à l'intérieur de la propriété. Selon les témoins, les militaires provenaient de la garde présidentielle, de l'Ecole supérieure militaire (ESM) et du camp Kigali. Un para belge a voulu tirer, mais le lieutenant Lotin le lui a interdit. Des renforts ont été demandés, en vain. "Un Belge n'a pas cessé d'implorer ses supérieurs pour des secours, mais ça n'a rien donné", a affirmé le gendarme Germain Gasamaza. A la résidence, des militaires rwandais ont pointé leurs armes sur deux casques bleus belges, devant le portail, et leur ont ordonné de déposer les armes. "Ils n'ont pas opposé de résistance", a rapporté le témoin. Ils ont été désarmés par la suite, et tous ont été emmenés, sur ordre, par les militaires rwandais. Les témoins ignoraient, au moment des faits, qui commandait les militaires rwandais. "Mais j'ai entendu par la suite, à la radio, qu'il s'agissait de Bernard Ntuyahaga", a dit un gendarme.

A la stupéfaction, un troisième gendarme, Gervais Munyankumburwa, a assuré qu'il existait un autre major Ntuyahaga dans l'armée rwandaise, dont il ignore cependant le prénom. "Qu'il y en ait cinq ou dix, cela ne change rien. Le seul major Ntuyahaga qui a emmené les casques bleus en minibus au camp Kigali, c'est l'accusé, comme il l'a dit lui-même. Il n'y a aucune contestation possible", a insisté la présidente, Karin Gérard. (Belga)


Mis en ligne le 25/05/2007
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La Belgique et le génocide rwandais : Verhofstadt aurait agi comme Dehaene  (PROCES NTUYAHAGA) posté le jeudi 31 mai 2007 05:56

(La Libre 26/05/2007)

Entendu comme témoin, l'actuel Premier ministre qualifie de mauvaise la décision de retirer les troupes belges du Rwanda. Mais il n'oublie pas le contexte d'avril 1994. Ni le rôle joué dans le drame par le major Ntuyahaga.

Cités par les familles des 10 paras tués à Kigali et par la défense du major Bernard Ntuyahaga, accusé, devant la cour d'assises de Bruxelles-Capitale, de l'assassinat de ces Casques bleus, Jean-Luc Dehaene, Willy Claes et Leo Delcroix, respectivement Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense nationale à l'époque des faits, ont précédé, vendredi, à l'audience, le Premier ministre actuel, Guy Verhofstadt.

Me Luc De Temmerman, conseil de l'accusé, tenait à tout prix à voir comparaître ce dernier qui fut, en 1997, rapporteur d'une commission parlementaire d'enquête sur le Rwanda.

La défense a, en l'occurrence, raté une occasion de la jouer sobre car l'impressionnante audition de M. Verhofstadt n'a guère servi ses intérêts. On devine que Me De Temmerman espérait que le Premier épinglerait les errements de ses prédécesseurs au gouvernement.

Or, il a, avec une humilité qui ne paraissait pas feinte et qui a, en tout état de cause, fait impression, relevé qu'il aurait, lui aussi, pris la décision de retirer le contingent belge du Rwanda après la mort des dix Casques bleus s'il avait été au pouvoir.

La volonté de retrait était unanime, elle traversait tout le Parlement, opposition comprise, a-t-il dit en substance. La décision prise était mauvaise, a-t-il ajouté, mais "je ne pense pas que j'en aurais pris une autre". "C'est cela qui fait peur dans la politique. Pouvoir commettre de telles erreurs", a-t-il encore déclaré.

Autre moment fort, d'ailleurs relevé par des avocats des parties civiles à l'occasion de commentaires acerbes pour MM. Dehaene, Claes et Delcroix, celui où Guy Verhofstadt, cuisiné de façon confuse par Me De Temmerman, a évoqué des passages du rapport de 1 000 pages dressé par la commission où il est question de témoins rwandais rapportant que des compatriotes rendaient les paras belges, que le témoin a qualifiés de héros, responsables de l'attentat contre l'avion du président Habyarimana et d'autres encore, qui ont vu les Casques bleus emmenés au camp Kigali, les mains en l'air, par le major Ntuyahaga et celui-ci chuchoter aux militaires que les Belges avaient descendu l'avion présidentiel, ce qui a, explique M. Verhofstadt, entraîné l'attaque massive des militaires.

Une jambe, une main...

Pour le Premier ministre, toutes les hypothèses concernant les responsabilités de l'attentat ont été présentées par la commission. Dire que celui qui a tiré sur l'avion est l'initiateur du génocide, c'est trop court, dit-il. Ce qui est sûr, scande-t-il, c'est que ce ne sont pas les Belges qui ont fait tomber l'appareil mais que c'est en les accusant qu'on a provoqué leur mort puis le retrait des troupes belges et le génocide qui s'en est suivi, lequel était planifié de longue date, selon lui, avec, à la clé, achat massif de machettes, constitution de caches d'armes et propagande haineuse à la radio.

Ce ne sont pas les Belges qui venaient couper la jambe des Tutsis, puis le lendemain l'autre, et le lendemain une main, et le lendemain la deuxième, avant, le cinquième jour, d'achever la victime. "Nier cela, cela porte un nom", s'est exclamé M. Verhofstadt.

Lequel a rappelé qu'il était allé au Rwanda en 2000 et qu'il y avait, au nom du Parlement et du gouvernement, présenté ses excuses pour l'attitude de la Belgique et la communauté internationale. Des excuses que MM. Dehaene, Claes et Delcroix ne sont pas, eux, prêts à formuler.

Bref, comme l'a signalé Me Attout, Guy Verhofstadt, tout en abordant le contexte politique de l'époque, n'a pas oublié qui était au centre du dossier. A savoir un accusé dont son défenseur n'a pas vraiment servi les intérêts. "Encore quelques témoins à décharge, comme cela et nous n'aurons plus besoin de plaider", ironisait d'ailleurs Me Frédéric Clément de Clety, avocat des parties civiles.

JEAN-CLAUDE MATGEN

Mis en ligne le 26/05/2007
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Rwanda génocide : L'Onu, un "coupable" trop facile ?  (PROCES NTUYAHAGA) posté le jeudi 31 mai 2007 05:50

(La Libre Belgique 29/05/2007)

MM. Dehaene, Claes et Delcroix rejettent toujours la responsabilité du fiasco rwandais sur l'Onu. Guy Verhofstadt démonte férocement leur thèse.
Il est peu probable que Guy Verhofstadt parte en vacances avec Willy Claes, Jean-Luc Dehaene et Léo Delcroix. Certes, s'il avait été au pouvoir, l'actuel Premier ministre aurait, lui aussi, pris la (mauvaise selon lui) décision de retirer les Casques bleus du Rwanda après les événements d'avril 1994.
Mais il ne considère pas, au contraire du trio (du "triumvirat" dira un avocat des parties civiles) entendu avant lui, que l'Onu soit la principale responsable de ce retrait, qui a donné le signal de terribles massacres.
Jean-Luc Dehaene, Willy Claes et Léo Delcroix, respectivement Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense nationale à l'époque des faits, ont été entendus ensemble vendredi, par la cour d'assises de Bruxelles-Capitale. Ils étaient cités par les familles des dix paras tués à Kigali et par la défense de l'accusé.
Leur thèse est simple. L'Onu avait pour mandat de concrétiser les accords d'Arusha. Dès le mois de février 1994, se rendant compte que la situation se détériorait ("au Rwanda, il est minuit moins cinq", avait déclaré Willy Claes retour d'un voyage en Afrique), le gouvernement belge a demandé une extension du mandat du contingent de l'Onu présent sur place.

M. Claes s'est adressé au secrétaire général de l'Onu. M. Boutros Boutros-Ghali l'a éconduit, car il n'aurait pas reçu l'appui du Conseil de sécurité, lui a-t-il expliqué.

Après les premières tueries et le massacre des paras, la Belgique a réitéré sa demande. Le Conseil de sécurité, bloqué par les Etats-Unis et la Russie, selon M. Claes, n'a pas donné suite à cette requête.
"Après l'attentat contre l'avion présidentiel, les accords d'Arusha n'existaient plus. Nous avons demandé de nouveaux moyens. Ils nous ont été refusés. Notre présence n'avait dès lors plus de sens", a quant à lui indiqué, en substance, M. Dehaene.

Divergences profondes

Pour qui, il n'y avait pas de raison pour la Belgique de présenter des excuses. Qu'on cherche les responsabilités du côté de l'Onu, a ajouté M. Dehaene, Willy Claes abondant en son sens et ajoutant qu'il n'était pas possible de prédire qu'un génocide se préparait.
"C'est un pas trop loin. C'est facile de réécrire l'histoire de manière rétroactive", a-t-il martelé.
Cette version a été largement démontée par Guy Verhofstadt, selon lequel c'est la Belgique qui a fait du lobbying auprès des Nations unies afin que le contingent des Casques bleus soit retiré du Rwanda.

Mensonge sous serment

Par ailleurs, a relevé M. Verhofstadt, il existait de nombreux signes montrant qu'un génocide se préparait. De même, l'idée de tuer des soldats belges avant de lancer ce génocide existait avant avril 1994.
Les avocats des parties civiles n'ont pas été tendres pour les anciens gouvernants belges, accusés de manquer de compassion, et de tenir un discours lénifiant. "Se réfugier derrière l'Onu pour fuir ses responsabilités est indigne", s'est emporté Me Frédéric Clément de Clety. "Le Premier ministre a démontré que les trois témoins qui l'ont précédé ont menti sous serment", a-t-il ajouté, parlant d'un retrait dans la honte.
"On envoie un bataillon risquer sa peau dans une mission humanitaire et quand la mission tourne mal, on dit, adressez-vous à l'Onu. Quelle hypocrisie fantastique", a conclu l'avocat.

J.-C.M.
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